lundi 30 janvier 2017

Tuerie à Ste-Foy


Commotion à Québec. Une mosquée de Ste-Foy a été attaqué hier soir par un mâle humain violent. Six morts déclarés et huit blessés. 

Est-ce que ça me touche ? Beaucoup, évidemment. Mais pas plus que quand j'apprends qu'une autre bombe vient d'exploser à Bagdad. Ou que des villes entières ont été décimées en Syrie. Qu'est-ce qu'on croit nous les Québécois. Qu'on est intouchables ? Que comme nous ne sommes pas vraiment américains, seulement à moitié canadiens, plus vraiment français, parfois un peu métissés ça va nous sauver de la violence de la connerie internationale ? Que ces traits pseudo-identitaires vont nous sauver des balles ? Que balancer entre l'agnosticisme, l'athéisme et le théisme-quand-ça-fait-notre-affaire va nous protéger de ces fous religieux arriérés et sanguinaires?

La première guerre Iran-Iraq au début des années quatre-vingt a teintée ma pré-adolescence de banlieusard de la rive sud de Québec en rouge. Peuplé mon imaginaire de cadavres et leurs squelettes. Contribué à me faire aimer la musique assourdissante comme des bombes de cultures. Nourrir ma crainte d'une guerre nucléaire pendant la guerre froide.

Cette violence, je l'attendais et la craignais au moins depuis ce temps-là. Malheureusement elle ne fait probablement que commencer ici. 

Emmitouflés dans notre cocon de surconsommation. Bercés par les ronrons de nos voitures individuelles et du même coup endormis au gaz par leurs émanations. On vit dans un rêve. Tout américain qu'il soit, tournera t'il au cauchemar comme presque partout ailleurs sur la planète? On doit s'y attendre.

On a bafoué la connaissance. Promu et engraissé l'intolérance. Cultivé l'ignorance et les fausses croyances. Travestis la recherche de la vérité. Rompu les équilibres. 

Aveuglés et soumis à nos dettes personnelles, on a les deux pieds dans le ciment d'une société qui se prétend moderne. Pas de temps à perdre pour tenter de communiquer chaleureusement, de comprendre et être compris, car on est trop occupé à communiquer rapidement. Même et surtout quand on a rien à dire.

On récolte ce que l'on sème. Nous on a semé des OGM : Orgie de Gros Mensonges.