Commotion à Québec. Une mosquée de Ste-Foy a
été attaqué hier soir par un mâle humain violent. Six morts
déclarés et huit blessés.
Est-ce que ça me touche ?
Beaucoup, évidemment. Mais pas plus que quand j'apprends qu'une
autre bombe vient d'exploser à Bagdad. Ou que des villes entières
ont été décimées en Syrie. Qu'est-ce qu'on croit nous les
Québécois. Qu'on est intouchables ? Que comme nous ne sommes
pas vraiment américains, seulement à moitié canadiens, plus
vraiment français, parfois un peu métissés ça va nous sauver de
la violence de la connerie internationale ? Que ces traits
pseudo-identitaires vont nous sauver des balles ? Que balancer
entre l'agnosticisme, l'athéisme et le
théisme-quand-ça-fait-notre-affaire va nous protéger de ces fous
religieux arriérés et sanguinaires?
La première guerre Iran-Iraq au début des années
quatre-vingt a teintée ma pré-adolescence de banlieusard de la rive
sud de Québec en rouge. Peuplé mon imaginaire de cadavres et leurs
squelettes. Contribué à me faire aimer la musique assourdissante
comme des bombes de cultures. Nourrir ma crainte d'une guerre
nucléaire pendant la guerre froide.
Cette violence, je l'attendais et la craignais au
moins depuis ce temps-là. Malheureusement elle ne fait probablement
que commencer ici.
Emmitouflés dans notre cocon de surconsommation.
Bercés par les ronrons de nos voitures individuelles et du même
coup endormis au gaz par leurs émanations. On vit dans un rêve.
Tout américain qu'il soit, tournera t'il au cauchemar comme presque
partout ailleurs sur la planète? On doit s'y attendre.
On a bafoué la connaissance. Promu et engraissé
l'intolérance. Cultivé l'ignorance et les fausses croyances.
Travestis la recherche de la vérité. Rompu les équilibres.
Aveuglés et soumis à nos dettes personnelles, on
a les deux pieds dans le ciment d'une société qui se prétend
moderne. Pas de temps à perdre pour tenter de communiquer
chaleureusement, de comprendre et être compris, car on est trop
occupé à communiquer rapidement. Même et surtout quand on a rien à
dire.
On récolte ce que l'on sème. Nous on a semé des
OGM : Orgie de Gros Mensonges.