lundi 14 septembre 2009

Projets éoliens: courts-circuits dans les campagnes!

J'ai le privilège d'avoir accès à un petit coin de montagne pour pouvoir fuire le smog urbain à l'occasion et surtout essayer de faire pousser les graines d'arbres récoltées ici et là.  Je m'y suis fait quelques amis des plus sympathiques. Je m'y approvisionne en produits biologiques frais et m'y relaxe parfois dans un des plus beaux jardins du Québec.On pouvait vraiment dire que la vie y était paisible... Jusqu'à récemment.

Depuis l'annonce du projet des éoliennnes de l'Érable, la vie bucolique a fait place aux regards méfiants, aux menaces. Ça sent l'anxiété et l'angoisse aussi fort que l'odeur d'une fosse  à purin.

Chacun tente de faire accepter sa vision de la campagne. Les affrontements publiques se multiplient dans les assemblées.   Les voisins se dévisagent, le tissu rural se déchire. C'est ça le développement durable? Ce n'est pas demain qu'on pourra y voir la source d'un début de réconciliation.

D'un côté il y a ceux qui espèrent en retirer un pécule plus ou moins important, encore une fois au détriment de la forêt, déjà si mal gérée au Québec.  Et de l'autre, mes amis qui tentent de la protéger et de préserver le cadre enchanteur des montagnes de la région des Bois-Francs, qui devrait d'ailleurs changer son nom pour la région des résineux,  tellement depuis plusieurs années on y plante d'épinettes avec la bénédiction (et les subventions) du "Ministère". (Un peu plus et on y  produira  du sirop d'épinette au lieu du sirop d'érable: vive les produits à valeur ajoutée!).


Tout ça pourquoi?

Parce que l'histoire se répète encore: on vend nos ressources, notre espace, l'eau et maintenant l'air, à des intérêts étrangers et qu'il y a des gens qui croient encore que c'est payant. Tiens j'entends Félix Leclerc chanter "L'encan", version worldbeat .


À qui la faute?

À ceux qui tentent d'industrialiser la campagne, malgré les nombreux constats d'échec de ce genre de projets en région. Combien de communautés laissées pour compte après le départ du "sauveur corporatif"? Combien de fermes vendues au Québec et de cultivateurs à recycler (ou trop souvent à enterrer), victimes de la déprimante agrobusiness?

Et quel rôle joue Hydro-Québec, cet organisme québécois qui est la preuve qu'on peut se prendre en main et assurer notre indépendance...énergétique, dans ce dossier? Le gouvernement actuel s'en sert au profit desdits intérêts en les incitant à implanter des projets industriels, à croire qu'il essaye une fois de plus de vider la campagne de ses affluents: nous autres.


Quand nos élus comprendront-ils enfin que pour qu'une zone agricole puisse vivre et faire vivre, il lui faut des habitants? Plusieurs habitants. Les projets industriels contribuent à vider les campagnes et épuiser ses ressources. Ce modèle n'est pas viable. Il nous faut en adopter un autre qui puisse assurer la survie de la race humaine. Et le plus tôt sera le mieux.